Le président Trump aime les agriculteurs.
Il y a un peu plus d’un mois, il a accueilli le plus grand rassemblement d’agriculteurs jamais organisé à la Maison-Blanche, se décrivant comme leur « vrai ami et défenseur ».
Il a appuyé cette affirmation en reconnaissant les dégâts causés à nos fermes familiales par la hausse du coût d’un intrant clé : l’engrais.
Aujourd’hui, l’administration Trump et ses partenaires au Congrès ont la possibilité d’en faire encore plus pour nos agriculteurs en ouvrant la voie à ce que nous produisions à nouveau suffisamment d’engrais américain de haute qualité.
Pour comprendre pourquoi il est crucial que davantage d’exploitations aient accès localement à un engrais abordable, il faut saisir à quel point ce marché est aujourd’hui difficile.
Le mois dernier, les prix de l’ammoniac anhydre ont dépassé 1 100 dollars la tonne — soit une hausse stupéfiante de 43 % sur un an. En fait, les coûts des huit principaux engrais ont augmenté par rapport au mois précédent.
Malheureusement, ce n’est là que la moitié du tableau. Car les coûts croissants d’achat de l’engrais s’ajoutent à ceux du transport.
Regardez le Nebraska, qui est le troisième marché agricole des États‑Unis. Bien que nos fermes utilisent plus d’engrais azotés que la plupart des régions du pays, la production locale est minime par rapport à la consommation.
Ce qui signifie que les agriculteurs du Nebraska occidental doivent s’approvisionner en engrais dans d’autres États et payer ensuite les frais supplémentaires pour le transporter là où il est nécessaire.
Le résultat ? Des coûts plus élevés pour les agriculteurs signifient des prix plus élevés pour les familles partout, du supermarché à la station-service.
Cette situation ne met pas seulement en danger la sécurité alimentaire des populations. C’est aussi un risque pour notre sécurité nationale.
La Russie et Trinidad et Tobago sont responsables d’environ 75 % de l’urée-nitrate d’ammonium importée, utilisée pour combler des lacunes d’approvisionnement régionales dans des zones comme le bassin maïsier de l’Ouest.
Mais l’instabilité locale rend peu probable que Trinidad puisse maintenir ce niveau d’approvisionnement. La Russie a une longue histoire d’instrumentalisation de ses exportations de matières premières pour affaiblir les intérêts américains à travers le monde.
Et l’Iran, qui demeure une source majeure d’intrants pour l’engrais, utilisera cet avantage de toutes les manières possibles pour contrarier les États‑Unis.
Les familles américaines ne devraient pas avoir à supporter des prix plus élevés — et les agriculteurs américains ne devraient pas être contraints de payer la facture — parce que les adversaires des États‑Unis contrôlent des intrants agricoles clés.
Il existe une solution évidente : remettre l’engrais américain sur le devant de la scène.
Dit plus facilement qu’il n’est faisable, toutefois.
Seulement trois nouvelles grandes usines d’engrais azotés entièrement neuves, dites « greenfield », ont été lancées aux États‑Unis au cours de près d’un demi-siècle. J’ai aidé à en développer une : Nebraska Nitrogen à Genève (Nebraska).
Ainsi, je comprends l’ampleur des obstacles en jeu. Une nouvelle usine peut nécessiter jusqu’à 100 millions de dollars rien que pour la conception. L’obtention des permis fédéraux peut prendre jusqu’à sept ans. De nombreux projets échouent à attirer des investissements privés en raison de ces obstacles de planification et de réglementation.
Mais ces obstacles offrent aussi une opportunité au président Trump et au Congrès d’agir.
Comme je l’ai récemment expliqué au Comité sénatorial de l’Agriculture, cela commence par la transparence. Les départements de l’Agriculture, de l’Énergie et du Commerce, qui gèrent bon nombre des programmes de financement destinés à ces projets, devraient publier des calendriers clairs et normalisés pour l’examen et la prise de décision.
Bien que tous les projets n’obtiennent pas le feu vert, chaque constructeur mérite de savoir combien de temps il faudra pour obtenir une réponse.
De même, le Congrès devrait mettre à jour les programmes fédéraux afin d’établir le juste équilibre entre l’encouragement des nouveaux entrants dans l’industrie et le soutien aux producteurs existants pour faire baisser les coûts immédiats.
Les deux mesures peuvent contribuer à accroître l’offre et à réduire les prix pour les agriculteurs, mais créer des voies d’accès pour les nouveaux producteurs permettra de répondre plus directement aux pénuries régionales.
Enfin, l’administration Trump devrait intensifier les mesures substantielles qu’elle a déjà prises pour résoudre ces problèmes.
Le mois dernier, le secrétaire Rollins a annoncé des efforts supplémentaires pour améliorer la coordination interagences. C’est énorme pour tout projet recherchant un financement fédéral afin de stimuler l’investissement privé. Réduire les frictions et harmoniser les exigences de diligence rendra plus facile l’obtention de financements pour les projets dignes d’intérêt.
Mon équipe et nos partenaires du Nebraska se sont engagés à mettre en service le Projet Meadowlark afin de fournir des engrais fabriqués aux États‑Unis à des agriculteurs qui en ont besoin — quelle que soit la politique fédérale.
Mais notre chemin vers l’exploitation — et celui des entrepreneurs à travers le pays — pourrait être grandement facilité si Washington adoptait ces réformes ciblées et de bon sens.
Le président Trump a promis un âge d’or de l’agriculture américaine. Débloquer une production domestique d’engrais supplémentaire peut contribuer à l’amener.
Cela ne sera pas seulement bénéfique pour les agriculteurs, mais aussi pour les familles américaines qui méritent des prix raisonnables au supermarché et une sécurité sur la scène internationale, également.
Josh Westling est le fondateur et PDG de J. Westling & Co.