L’administration Trump cherche à réviser en profondeur le programme de pâturage du Bureau de la gestion des terres (BLM) dans le cadre d’une proposition de règle qui sera publiée au Federal Register mardi.
La proposition modifierait les critères d’évaluation de la santé des terres, permettrait le pâturage ciblé pour réduire les risques d’incendie et introduirait des conditions et termes flexibles afin de permettre aux exploitants d’ajuster leurs pratiques de pâturage « sans approbation séparée du BLM ». Elle remplacerait également l’expression « fils et filles » par « jeunes éleveurs débutants » afin d’élargir les aides destinées à encourager les jeunes producteurs à participer au pâturage sur terres publiques. De plus, elle suspendrait les décisions du BLM en cas d’appel.
Le BLM réglemente le pâturage sur environ 155 millions d’acres de terres fédérales. Dans l’ensemble, l’agence gère près de 18 000 permis de pâturage qui autorisent environ 12,3 millions de mois d’unité animale (MUA) de pâturage chaque année, selon la proposition. Un mois d’unité animale correspond à l’utilisation et à l’occupation d’une aire par une vache et son veau pendant un mois, selon le Congressional Research Service.
La règle proposée intervient alors que le président Donald Trump se prépare à signer des décrets exécutifs visant à résoudre des « problèmes d’approvisionnement à court terme sur le marché américain du bœuf par l’élargissement des importations » et à soutenir « le renouvellement du troupeau bovin domestique américain, qui est actuellement à son plus bas niveau depuis plusieurs décennies ».
La règle proposée déplacerait également les normes de santé des pâturages vers une nouvelle section du règlement afin d’élargir leur application « au-delà de l’administration du pâturage du bétail » et refléterait plutôt « que tous les programmes du BLM devraient être responsables de la gestion en vue d’améliorer la santé des pâturages ».
« Cela permettra au BLM de mieux comprendre les impacts de la gestion des terres sur l’ensemble du paysage — ce qui bénéficiera, à son tour, à toutes les terres gérées par le BLM et aux usagers des terres publiques », peut-on lire dans la proposition, qui ajoute qu’elle « obligerait le BLM à prendre des mesures ‘appropriées’ lorsque un facteur important dans l’échec à atteindre la santé des terres relève du champ de contrôle du BLM, comme le prévoit déjà la règle existante lorsque ce facteur est le pâturage du bétail. »
De plus, « des évaluations rapides des conditions à l’échelle du paysage et des évaluations de la santé des terres » guideront « la manière dont les usages sont gérés, plutôt que de dicter si un usage particulier peut avoir lieu, et ce qui constitue une ‘action appropriée’ peut varier selon les préoccupations liées aux ressources et les limites imposées par la loi et les décisions de planification pertinentes », indique le texte.
La règle proposée précise également que les autorisations de pâturage ne devraient être délivrées « que pour du bétail axé sur la production », ce qui, selon elle, « peut être compris comme anticipant que le pâturage du bétail soutiendrait la consommation des ressources ». Le BLM a vendredi révoqué des permis de pâturage couvrant 63 000 acres de terres du Montana utilisées par l’organisation à but non lucratif American Prairie pour le pâturage, arguant que l’organisation gère des bisons à des fins de conservation, et non de production.
Par ailleurs, le BLM publiera demain une règle finale qui annule officiellement une règle de l’ère Biden autorisant des baux de conservation sur les terres du BLM.
À l’automne dernier, l’USDA a publié un plan d’expansion de l’effectif bovin de 13 pages, prévoyant l’ouverture de 24 millions d’acres d’assignations de pâturage inutilisées sur les terres du Service des forêts et du Bureau de la gestion des terres, soit environ 10 % des 29 000 allotements de pâturage utilisés à l’échelle nationale. Il appelait également à la création d’un « cadre d’autorisation unifié » pour rationaliser les permis, ainsi que des « accords de pâturage axés sur les résultats » qui « adapteraient les taux de chargement et le calendrier à des conditions locales ».
Note de l’éditeur : Cette histoire continuera d’être mise à jour avec des informations supplémentaires.