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Industrie des amandes : rebond attendu, d’anciens risques persistants

L’industrie des amandes californiennes sort lentement d’une de ses périodes de ralentissement les plus douloureuses depuis des années, mais un nouveau rapport Terrain avertit les cultivateurs et les opérateurs que la stabilité récente du secteur ne doit pas être interprétée comme un retour aux années de boom.

L’analyste des cultures spécialisées de Terrain, Matt Woolf, indique que l’industrie passe d’une période de prix en dessous du seuil de rentabilité à une période où les prix sont « au seuil de rentabilité ou légèrement au‑dessus », une amélioration significative par rapport à 2022 et 2023 mais restant bien loin des dynamiques économiques qui ont marqué les années 2010. Le virage survient après plusieurs années d’arrachage de vergers et d’un déséquilibre douloureux entre l’offre et la demande, bien que certains producteurs réévaluent désormais si la replantation pourrait être rentable sur le papier.

Le rapport cadre ce moment à travers une analyse SWOT, soutenant que les mêmes forces qui ont porté la montée des amandes ont aussi exposé cette culture à une correction sévère. Les amandes de Californie sont passées d’une culture de niche à la deuxième marchandise agricole de l’État par valeur, avec une production qui a augmenté à un rythme annuel d’environ 4,3 % entre 1990 et 2024. Les prévisions de mesure objective de l’USDA pour 2025 placent la production à 3 milliards de livres, en hausse de 10 % par rapport à l’année précédente, soulignant l’ampleur que l’industrie porte encore.

Terrain met en évidence des forces structurelles majeures : la Californie produit encore environ 75 % à 80 % des amandes mondiales, bénéficie d’une base d’exportation diversifiée et profite d’un réseau de soutien dense comprenant environ 7 600 cultivateurs, près d’une centaine d’opérateurs et un vaste écosystème d’abeilles, d’équipements, d’entreprises d’irrigation et de transformateurs. Le rapport note qu’une étude du UC Agricultural Issues Center estime que l’emploi direct et indirect généré par l’industrie s’élève à environ 110 000 emplois.

Mais le ralentissement a aussi mis en évidence des vulnérabilités. La congestion portuaire pendant la pandémie a ralenti les expéditions, accumulé les stocks et exercé une pression à la baisse sur les prix. L’inflation a fait monter les coûts des intrants, de la main-d’œuvre et de la conformité. La Sustainable Groundwater Management Act a ajouté une contrainte à plus long terme alors que les plans de gestion des eaux souterraines imposaient des choix difficiles concernant les superficies destinées à des cultures pérennes. Terrain indique que les estimations à l’échelle de l’État suggèrent des centaines de milliers d’acres, dont beaucoup de cultures pérennes, qui pourraient être réaffectés.

Le commerce est un autre point de pression. La Chine et Hong Kong, qui étaient autrefois les principales destinations des amandes californiennes, importent désormais davantage d’Australie, aidées par des accords commerciaux préférentiels. Terrain affirme que les réexportations en Asie du Sud-Est peuvent masquer une partie des flux de produits californiens vers la Chine, mais le réacheminement augmente les coûts et les risques.

Le volet opportunités est mené par l’Inde, désormais la plus grande destination de l’industrie, où la consommation d’amandes par habitant reste bien inférieure à celle des États‑Unis. Terrain voit également des débouchés pour les amandes dans les aliments axés sur les protéines et la santé. Mais les menaces augmentent en raison de la géopolitique, de l’inflation, de la concurrence du lait d’avoine et d’autres alternatives, et de la montée des médicaments GLP-1, qui pourraient réduire la demande de collations.

La conclusion pour les cultivateurs est prudente plutôt que sombre. Les bases de l’industrie demeurent solides, mais le prochain cycle de croissance nécessitera davantage de couverture des risques, un développement des marchés plus aigu et un examen plus rigoureux des questions d’eau, des coûts et des tendances de consommation.

Tomás Echeverría
Tomás EcheverríaTomás Echeverría es especialista en agricultura y manejo sostenible de suelos, con experiencia en sistemas productivos de Argentina. Investiga la optimización del riego, la nutrición de cultivos y la adopción de tecnologías de agricultura de precisión para mejorar rendimientos. En Arg-Agro, divulga prácticas basadas en evidencia para una producción eficiente y resiliente.
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